Starboy est un porte-clés à écran OLED vendu entre 200 et 440 dollars, imaginé par Daniel Kuntz et son équipe. Il ne se connecte pas au téléphone, ne propose aucune application et promet explicitement de ne pas changer votre vie. C'est peut-être l'objet tech le plus honnête sorti depuis des années.

Le porte-clé sans IA Starboy transparent est à 299 dollars - ©lilguy™
Le porte-clé sans IA Starboy transparent est à 299 dollars - ©lilguy™

Dans l'histoire des objets connectés, dopés à l'IA, portatifs ou branchés, des ratés, il y en a. L'Ai Pin de Humane valait 700 dollars. Deux ans après sa sortie, HP l'a racheté pour le dépecer et Imran Chaudhri, son fondateur, travaille maintenant sur des problèmes de connexion d'imprimantes. Le collier Friend, micro toujours ouvert pour lutter contre la solitude, a dépensé un million de dollars en affiches de métro pour convaincre entre 1 000 et 3 000 acheteurs. Mark, le marque-page en titane connecté à 125 dollars, ciblait les lecteurs de livres papier, c'est-à-dire les gens qui lisent précisément pour couper avec les écrans. Ces trois gadgets, ou plutôt trois échecs industriels, ont tous été créés dans le but de créer un besoin, le suréquiper pour, in fine, ne facturer que l'ambition.

Daniel Kuntz a voulu éviter ces écueil et revendique que son petit compagnon Starboy en est le contre-pied.

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Starboy est un objet fier de son inutilité

Starboy utilise du machine learning pour reconnaître les visages et les gestes, mais l'équipe évite soigneusement le mot « IA » dans sa communication. Le visage sur l'écran OLED a été animé par un ancien de Disney. Si vous lui faites un doigt d'honneur, il se fâche. Il vous détestera si vous le secouez, et se mettra à frissonner de l'échine si l'envie vous prend de le congeler. Et c'est à peu près tout. Ah si, il affiche un niveau de batterie si vous lui faites un pouce en l'air.

Et ne demandez pas à Daniel Kuntz quand Staboy compte améliorer son porte-clé réactif avec une application pour le connecter à votre smartphone, Starboy « ne se connectera jamais à votre téléphone », affirme-t-il, avant d'ajouter qu'il s'agit d'un choix « spirituel et esthétique, pas pragmatique ». Il admet qu'une app ferait de Starboy un meilleur produit, puis balaie l'idée en expliquant qu'elle ouvrirait la porte aux abonnements, aux complications, bref, à tout ce qu'il refuse.

Le starboy violet coûte quant à lui 249 dollars, c'est l'entrée de gamme - ©lilguy™

Quand l'absence de promesse devient l'argument de vente

Starboy coûte autant qu'un bon casque audio pour une expérience moyenne, mais assumée. Staboy reconnaît souvent mal les gestes de son maître, s'exécute dans des délais de réaction notables et on finit par se demander quoi faire avec. Daniel Kuntz pousse même la comparaison de son porte-clé à une Porsche 911 pour justifier le prix.

Alors pourquoi ça risque d'être un succès commercial, à défaut de technologique ?

D'abord, la saturation réelle du tout-connecté. Pour chaaque objet, aujourd'hui, on doit télécharger une app, créer un compte, exécuter des mises à jour, voire payer un abonnement. Starboy propose une relation fermée, sans suite ni données aspirées. Moins dépendant qu'un Tamagoshi, on joue avec et quand on se lasse, on le range, ou on l'oublie. Certes, ça fait cher le passe-temps.

Ensuite, Daniel Kuntz propose 5 000 variantes de visages, chacune avec son niveau de rareté, et une fonctionnalité Bluetooth est annoncée pour permettre aux Starboys de communiquer entre eux.

L'entrée de gamme du Starboy démarre à 249 dollars, dans sa version violet, suivi de ses grands frères crytal, à 299 dollars, acier inoxydable à 349 dollars et laiton à 399 billets verts. Le tout, dans le but non-avoué de donner l'envie de tous les collectionner, ce qui risque de faire une note salée à l'arrivée sur l'étagère ou le tiroir. Mais quand on aime…

Pour un objet dont le pitch officiel est qu'il ne sert à rien, c'est assez bien vu.

Source : Gizmodo